20 octobre 2014

simple comme 1-2-3 : pâté de lentilles

Il y a bien longtemps, quand ma sœur et moi étions très jeunes, mes parents se sont associés à un couple d'amis et à d'autres connaissances pour acheter un ancien camp de gardes-feu situé à presque 2 heures de route au nord de La Tuque. Un grand chalet avec une véranda vitrée qui donne sur un lac entouré de montagnes, un garage à deux étages (infesté de souris) rempli d'objets hétéroclites, une belle forêt presque intacte, plein d'animaux sauvages, pas d'électricité avant le coucher du soleil quand on démarrait la génératrice (affectueusement surnommée «la machine infernale), des règles de savoir-vivre bien différentes de celles «en ville», une grande liberté de mouvement à part pour l'heure des repas et du dodo... Je pourrais continuer longtemps, mais en tout cas c'était un véritable paradis pour la petite fille hyper timide et complexée que j'étais.

Le domaine a été vendu il y a quelques années, faute de temps et de ressources pour l'entretenir... mais les souvenirs que j'en garde sont indélébiles et encore bien vivants! Ils ont tendance à remonter à la surface aux moments les plus inattendus, comme c'est justement arrivé la semaine dernière.

Un des rituels de chaque séjour était la Grande Bouffe, un souper communautaire auquel tout le monde contribuait. Entre autres, il y avait toujours un rôti entouré de patates et de carottes qui avait cuit toute la journée. Malgré nos meilleurs efforts, il y avait toujours des restants le lendemain. Étant donné que ce gros repas avait habituellement lieu la veille du départ d'au moins certains d'entre nous, Diane (grande amie de la famille, ma «maman grano»; je vous reparlerai sûrement d'elle) avait trouvé un moyen génial de passer les restants et de fournir un lunch à ceux qui prenaient la route : elle passait tout ça à la moulinette avec quelques gousses d'ail*, et faisait d'immenses sandwichs avec ce pâté et une quantité généreuse de moutarde. C'était délicieux!

C'est exactement à ces sandwichs que j'ai pensé en goûtant à mon pâté de lentilles improvisé. La texture était vraiment similaire, et si j'avais ajouté un peu plus d'ail, ça aurait presque eu la même saveur! Je suis très heureuse de pouvoir recréer ce souvenir-là, moins la viande, après tant d'années.



Étape 1 : Faites cuire des lentilles (vertes ou brunes) : 1 tasse de lentilles + 3 tasses d'eau,
mijoter à découvert 20-25 minutes, éteindre le feu, laisser reposer 20 minutes, égoutter et mettre au frigo.


Étape 2 : Passez au robot culinaire ou au moulin avec ce qui vous inspire : carotte râpée, tomates séchées, tahini, sauce soya ou sel, levure alimentaire (si vous en avez), fines herbes, un peu d'huile ou d'eau.


Étape 3 : Tartinez bien épais entre deux tranches de pain ou sur des toasts ou des craquelins,
avec une généreuse quantité de moutarde!



Je suis certaine que ça fonctionnerait en mettant tous les ingrédients dans un grand bol et en les réduisant en purée avec un pilon à patates — la texture serait juste plus rustique!


* Il y a deux aliments que j'associerai toujours au chalet : l'ail et les pois chiches; c'est là que je les ai connus (on n'en mangeait pas à la maison) et que j'en suis tombée raide dingue!

13 octobre 2014

simple comme 1-2-3 : compote de pommes

Autant vous en avertir tout de suite : bien que j'aime beaucoup cuisiner, j'ai horreur des recettes compliquées. Celles que je partagerai ici à l'occasion seront donc simplissimes... et celle qui suit en est un bon exemple!


Y a-t-il quelque chose de plus délicieux, de plus réconfortant et de plus facile à faire soi-même que la compote de pommes? Et c'est en plein la saison d'en congeler une bonne grosse batch pour en profiter pendant les durs mois à venir!

J'ai la chance de pouvoir acheter à très bas prix des pommes «numéro 2», aussi appelées «deuxième choix», c'est-à-dire de différentes variétés et un peu poquées. (En réalité, c'est plutôt rare que je tombe sur une pomme assez endommagée pour que je doive en couper une partie.) Ces temps-ci, on peut trouver de gros sacs de pommes en spécial à l'épicerie, donc ça vaut la peine de garder l'œil ouvert. Et si vous pouvez cueillir vos pommes directement dans un verger, je vous envie beaucoup!



Étape 1 : Lavez les pommes et laissez-les égoutter un peu sur un linge à vaisselle.


Étape 2 : Pelez, épépinez et coupez les pommes en dés. (C'est loooong! Je passe le temps
en écoutant les balladodiffusions de mes émissions préférées.)


Étape 3 : Faites mijoter les pommes dans une cocotte, mi-couverte, en ajoutant un peu d'eau au fond
pour les empêcher de coller en attendant qu'elles fassent leur jus.
Brassez de temps à autre pour que la cuisson soit égale. C'est tout!


Je sais, vous allez me dire qu'il manque quelque chose... Où est le sucre, où sont les épices? Je n'en mets jamais — j'aime que ma compote goûte vraiment les pommes! Vous pouvez évidemment en ajouter et expérimenter.

Pendant combien de temps est-ce qu'il faut laisser cuire? Eh bien, ça prend le temps que ça prend! Tout dépend de la quantité de pommes et aussi des variétés que vous utilisez. Avec des pommes qui se défont complètement, comme la Macintosh, ce sera plus rapide, mais si elles gardent leur forme en cuisant, comme la Lobo, vous devez attendre qu'elles soient complètement ramollies et fondantes sous la dent.

Quand j'ai commencé à faire de la compote, il y a de nombreuses années, j'utilisais un moulin à légumes pour obtenir une texture lisse. Mais comme je m'en servais seulement une fois par année, je m'en suis débarrassée; ma compote a maintenant une allure «rustique» qu'on voit bien sur la dernière photo. Étant donné que les pommes «numéro 2» ne comprennent jamais les mêmes variétés dans les mêmes proportions, la texture et la saveur de ma compote sont toujours des surprises!

La compote de pommes se congèle sans problème dans des contenants hermétiques pendant plusieurs mois. Dans mon expérience, un bon pot de compote maison fait un cadeau très apprécié.

11 octobre 2014

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

Bien des gens ont le don de se surcompliquer la vie. Pris dans l'engrenage de la consommation, aveuglés par les reflets envoûtants de la machine publicitaire ou convaincus qu'il leur faut se conformer à un modèle préétabli, ils sont persuadés qu'ils doivent dépenser, acquérir le plus possible, même jusqu'à dépasser leurs revenus, parce que sinon ça fait pauvre... N'est-ce pas complètement fou que le fait d'agir et de dépenser de façon réfléchie soit devenu si stigmatisant?

Appelez ça simplicité volontaire, sobriété heureuse, décroissance soutenable ou frugalité — le nom importe peu. L'essentiel consiste à se questionner sur ses valeurs, à s'observer de manière objective et à voir si on met ces valeurs en pratique de façon concrète. Y a-t-il certaines choses dans ma vie qui en font partie non parce que je le désire ou que j'en ai besoin, mais seulement parce que c'est ce que la société attend de moi?

Ça implique donc de dépenser moins, mais de dépenser mieux, et de vivre avec moins.

Mais pourquoi, alors que je n'y suis pas forcée? Justement parce que je le peux, que j'exerce un libre choix. Un peu aussi parce qu'on ne sait jamais à quel moment nos circonstances peuvent changer... Dans mon propre cas, l'instabilité de mes revenus de travailleuse autonome donne encore plus de valeur à cet état d'esprit.

Je l'avoue, j'éprouver de la satisfaction à développer une certaine indépendance envers ce monde un peu dingue dans lequel je ne me reconnais pas. C'est bon pour moi à la fois physiquement, émotionnellement et mentalement. Physiquement parce que je suis plus active et que je m'alimente mieux en n'achetant que des aliments qui ont une bonne valeur nutritive et en cuisinant plus; émotionnellement et mentalement car c'est une façon de me sentir plus en contrôle de ma vie, ancrée dans le présent... et vachement valorisant. Oh, je dois souvent mettre un frein à mon enthousiasme, me rappeler qu'il n'est pas nécessaire de tout faire tout de suite (faire mon pain, cultiver un jardin, tricoter et coudre mes vêtements, fabriquer mes produits de nettoyage et d'hygiène, etc.). Je fais ce qui correspond à mes envies et à mes possibilités ICI et MAINTENANT; le reste, je peux le placer dans un petit tiroir à l'arrière de mon cerveau, prêt à sortir au besoin!

C'est bien beau tout ça, mais pourquoi ce blogue?

Parce qu'il en existe une multitude en anglais, mais ils sont encore rares en français.

Pour donner un petit coup de pouce aux aspirant(e)s à la simplicité en partageant ma propre expérience.

Pour célébrer sans gêne le fait d'être cheap, simpliste et un peu grano !